Nîmes est dans une cuvette où le soleil demande à boire.
Avec son genou fatigué qui ne peut l'emmener au delà de la route, il voudrait toucher les herbes et rêver. Doucement marcher. Sur le dernier chemin qu'il lui reste avant de ne plus rien aimer, sous son châpeau incroyable en plein été, il va encore pleurer du côté de l'amour.
Loin de ses montagnes il parle et il chante, l'italien. Il entre sans la nef de son corps qui résonne et tremble de solitude.
Le soleil écrase ses rayons de midi sans lui, et sur cette route, son sang et le mien.
Sous les cris des corneilles, de leur nid des falaises, une feuille de chêne est tombée sur la surface de l'eau. Et le courant l'emmène tranquillement plus loin. La nature accueille la mort plus dignement que nous.
Di mi, ô luna, di mi que fai, silencioza luna
Dis-moi, ô lune, dis-moi que faire, silencieuse lune
La lune éclare une larme de mes yeux à ma bouche sans que personne ne se réveille du bruit qu'elle ne fait pas. Quand mon ventre et ma gorge se serrent en un cri qui ne vient pas, c'est ailleurs que ce moment s'en va.
Là où je tends ma main parfois.
(juin 89)