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Le fait de « tagger » quelqu'un sur une photo sur un réseau social sans son accord !
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Le fait de critiquer qui que ce soit sur un blog (beaucoup de personnes perdent leur tranquillité dès
qu'ils lisent des propos non élogieux !) !
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Le fait de critiquer un artiste, une personnalité, une personne publique sur un forum ! La vidéo de
Sarkozy au salon de l'agriculture disant « casse-toi pauv'con » ! »
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Cet article de la LOPPSI pourrait même s'appliquer au « fait de poster les coordonnées d'un député sur
un site en invitant les citoyens à le contacter pour exprimer leur opposition à un texte de loi (s'il s'en suit un nombre important d'appels pouvant nuire à la tranquillité du député) !
». Une initiative qui a été de nombreuses fois menée lors des débats autour de l'Hadopi."
« Le fait d'utiliser, de manière réitérée, sur un réseau de communication électronique l'identité d'un
tiers ou des données qui lui sont personnelles, en vue de troubler la tranquillité de cette personne ou d'autrui, est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende. Est puni de la même peine le fait d'utiliser, sur un réseau de communication électronique, l'identité d'un tiers ou des données qui lui sont
personnelles, en vue de porter atteinte à son honneur ou à sa considération. » Nous l'avions examiné dans cette actualité.
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Ok? Vous avez bien vu? Alors on y va ! :
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1) J'ai piqué puis uploadé sur mon blog trois avatars de membres d'un forum spécialisé en informatique.
Il s'agit de caricatures
d'"Anéfé", le surnom de Christine Albanel, pour les internautes de qui elle a su se faire
aimer.
Selon la loi LOPPSI, je suis donc punie - et de manière rétroactive, je suppose - pour complicité de "taggage". A combien de mois de prison et d'euros d'amende? Quand je le saurai, je ne
pourrai plus me connecter à internet pour vous le dire, c'est ça? Je serai en train de
pourrir dans une geôle, à me faire corriger le rectum avant les visites de mon avocat?
Si on a plus le droit de rigoler d'un ministre en lui rajoutant un chapeau parce que ça nuit à son image, on est mal barrés pour la liberté d'expression. Mais surtout :
Il devient difficile de se permettre de dire n'importe quoi à de "futurs criminels" quand ils sont plus compétents que n'importe quel gouvernement sur la loi qu'il propose de faire voter, à
commencer par le Président de la République lui-même qui n'y connaît strictement rien.
Il devient proprement scandaleux de parler à de futurs pendus dans leur cellule de prisons françaises puantes condamnées aussi bien par la Cour européenne des droits de l'Homme que par Amnesty
International, du "pare-feu OPEN-OFFICE" si on ne veut pas se faire traiter de crétins.
Que Madame Albanel se rassure, elle est loin d'être la première, ni la dernière, à s'être ridiculisée avec cette loi. Avec leurs grands airs de tout savoir et d'être les meilleurs, les
ministres et autres politicards, journalistes, et autres "édiles", "élites" de notre pays se sont largement vautrés dans leur ignorance crasse
de l'informatique.
Tout le monde n'est pas mathématicien, c'est clair, mais "quand on ne sait pas, on la ferme!", c'est de la simple politesse chez nous. Uniquement du respect.
Alors maintenant j'attends la sentence du tribunal qui osera me juger pour troublage de tranquillité pour avoir relayé l'image taggée de Christine Albanel - qui est
l'une des 25 images par secondes prise sur une vidéo de TV publique, donc libre de droits privés - au moment même où elle vient de se faire correctement remettre à sa place après
avoir utilisé le mot GESTAPO pour caricaturer l'opposition dans sa critique sur le caractère autoritaire de ce projet de loi (grand
moment).
Je la vois mal se permettre de me repprocher d'avoir uploadé sur mon blog une image de sa déconfiture, seule et unique punition méritée de son profond manque de respect pour son rôle de
ministre de la Culture, sensée montrer l'exemple, ne serait-ce qu'au niveau de l'utilisation appropriée des mots de la langue française en séance publique.
Sur ces deux avatars, elle a l'air stupide parce qu'on vient de lui interdire de banaliser le mal. Pour une élite qui se dit "éclairée" c'est une erreur que l'on peut qualifier de grave. Et qui devrait être punie
d'inéligibilité d'au minimum 1 an et d'au minimum 15000 euros d'amende quand un simple "troublage de tranquillité" est sensé être puni de ça.
Sur l'un des deux avatars, elle a le chapeau de Caliméro. Du style : c'est "vraiment trop inzuste"! Mais qu'elle n'aille pas se plaindre d'une utilisation de son image qui
chercherait à porter atteinte à son "honneur" puisqu'elle l'a elle-même bafoué, ni à sa "considération" de la part des internautes, car elle n'avait qu'à chercher à la mériter au lieu de ne
chercher à plaire qu'au Chef de l'Etat et aux industriels du phonogramme.
Madame la Ministre s'est humiliée toute seule à porter la responsabilité d'un gouvernement qui croit pouvoir contrôler une infrastructure de l'information sans savoir ce que c'est. Sans
comprendre qu'un "expert" rallié à ce projet impossible est un expert en rien du tout.
Que l'on puisse défendre une loi sans savoir de quoi on parle n'est qu'une aberration de plus de notre Vème république. Libre aux politiques de proposer de la modifier de manière à ne plus être
exposé à ce genre d'humiliation publique et d'avoir le droit à l'erreur.
Mais personne n'a le droit d'empêcher quiconque de dire qu'il est ridicule quand c'est le cas.
CA NE TUE PAS. Et si on dit et on le répète cette phrase, c'est que la personne offensée qui se pare d'indignité pour punir les blasphèmes ne sert qu'à s'enfoncer davantage. Soi, et les
autres.
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2) et 3) Je viens de vous critiquer, Madame Albanel!
Je n'ai pas tenu de propos "élogieux" et j'en suis navrée. J'aurai bien aimé vous couvrir d'éloges en vous remerciant de m'avoir aidée en tant qu'artiste. Mais vous avez TOUT FAIT pour limiter mes possibles en tant que
Ministre de la Culture en ne vous intéressant pas à internet comme un outil au service de la créativité, mais comme un danger pour les puissants à contrôler en urgence. Aussi, je ne risque
pas de tenir des propos "élogieux". C'est ce qui fait le charme de mes compliments.
Si par hasard, vous cherchez à comprendre pourquoi - on peut toujours rêver - je me ferai un plaisir de vous l'expliquer.
Mais je peux toujours attendre : on a jamais vu en France un Ministre de la Culture s'intéresser à un artiste inconnu.
Encore moins simplement connu par des professionnels de l'informatique.
Encore moins sur internet(*).
Alors je m'explique, même si vous vous
foutez de l'avis d'un artiste français
AU CAS OU VOUS NE LE SAURIEZ PAS
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Internet est une infrastructure informationnelle LIBRE
Elle permet aux artistes de diffuser gratuitement et intantanément leurs oeuvres dans le monde entier, en une infinité d'exemplaires.
Elle permet de se passer d'intermédiaires susceptibles de limiter la créativité pour la diriger dans le sens de leur propre intérêt.
Le modèle du don est nécessaire et suffisant
Le modèle des radins capitalistes qui sécrètent et font payer de l'art industriel est périmé. Il
fait place à celui de la gratuité, de l'entraide et du DIY ("do it yourself", "fais-le toi-même")
Les êtres humains ont besoin d'art pour vivre, et d'artistes vivants.
Tous sont capables de communiquer pour satisfaire leurs besoins directement et sans norme basée
sur des croyances.
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(*) A défaut de pouvoir s'en servir, puisqu'il ne s'agit désormais plus d'un terrain expérimental, mais d'une sorte de "minitel" à visée commerciale et d'un outil de surveillance pour élite en
mal de légitimité.
Si on en vient à interdire de "spammer" les boites mail des députés, je veux bien manger le coquille
d'oeuf de CriCri. QUOI? QU'ENTENDS-JE? Les pauvres députés seraient "dérangés dans leur
tranquillité" par les internautes?
Bon... on va se calmer hein? L'ASIC a fait le tour du Musée des Horreurs, mais si le bruit court dans les couloirs de l'Assemblée nationale comme quoi les internautes devraient
cesser de déranger les députés avec leurs mails, je sens que les IP vont devenir matérielles comme ils n'en ont jamais rêvé.