Vendredi 26 décembre 2008
17 novembre 1973
Ecole Polytechnique d'Athènes
Alors que les américains viennent de réussir leur coup d'Etat au Chili et que des milliers de citoyens sont assassinés par les "Caravanes de
la mort" de Pinochet, les 5000 étudiants de l'Ecole Polytechnique d'Athènes se révoltent contre la junte militaire que les américains maintenaient au pouvoir depuis la guerre civile.
Le 17 novembre, de minuit à 2 heures du matin, la police réprime la manifestation à coup de matraques et de gaz lacrymo. L'ordre est donné d'évacuer la faculté. Alors que les étudiants restent
fermement sur leurs positions en scandant "A bas la dictature et les américains!", les chars des dictateurs écrasent les grilles de l'Ecole Polytechnique.
Bilan : plus de 80 morts et des milliers de blessés.
On peut remarquer sur la photo sur le pilier droit : "Exo (epsilon ksi omega) to NATO". C'est sensé être de l'anglais. Sur le pilier de gauche, je suppose
qu'il est écrit la même chose en grec. Il n'en reste rien le lendemain du 17 novembre. C'est ce qu'il se passe quand on dit à l'OTAN de se barrer.
La dictature n'a pas pris fin avec le sacrifice de ces étudiants comme on tente de le faire croire, mais en 1974 à cause de l'abandon du soutien des américains. Ils auront préféré laisser l'armée
turque mettre une grosse taule aux colonels qui voulaient s'approprier la Chypre,
Le leader Papadopoulos et ses accolytes n'ont pas été condamnés à mort lors d'un soi-disant "Nuremberg grec", alors que ça ne rigolait pas à l'époque. Aussi, un groupuscule armé qui se
revendique du massacre du 17 novembre, le "17N", a commencé à agir dans l'ombre et à attaquer les Etats-Unis par personnes interposées.
Bilan : une vingtaine d'assassinats ciblés pendant 27 ans jusqu'en 2000. Ca ne fait pas le compte des 83 morts par "personnes interposées" en quelques heures ce jour-là.
En même temps que le responsable présumé de cette organisation "terroriste" s'est vu condamner sans preuve à perpétuité lors de son appel du 2 décembre 2005, il ne restait en vie que deux
des colonels à l'origine de ce massacre. L'un avait été libéré pour raison de santé, l'autre est toujours en prison.
Ok. Combien de victimes ces "colonels" ont-il à leur actif? Combien de morts, de blessés, de torturés, d'exilés, d'emprisonnés en sept ans de dictature? Peut-on comparer et estimer normal que les
sanctions soient les mêmes?
Mais les sanctions sont loins d'être les mêmes!!! Car mis à part le fait que ce bonhomme de 63 ans continue de nier sa responsabilité, il est impensable pour les gouvernements de quelque
"démocratie" que ce soit de libérer pour raison de santé les prisonniers de la gauche révolutionnaire.
On sait comment ces prisonniers politiques sont traités en France. Comment la France a traité en comparaison les "terroristes" de l'OAS qui peuvent tranquillement déclarer à la télé qu'ils
ont fait sauter tel ou tel bâtiment public (des commissariats, des mairie, des bibliothèque) sans avoir jamais été jugés ni emprisonnés.
On sait comment elle a traité des pétainistes coupables de crimes contre l'humanité comme Papon par exemple, en allant jusqu'à lui confier le poste de Préfet de Paris. Le massacre d'octobre 1961
n'était-il pas prévisible? Ces assassins n'avaient pas besoin de s'excuser pour être pardonnés, continuer de nuire toute leur vie pour mourir tranquillement dans leur lit. Quand ils n'ont pas été
décorés de la Légion d'Honneur.
On croit rêver quand on sait dans quelle circonstances les prisonniers d'Action directe ont dû survivre jusqu'à maintenant.
Le chiffre exact des victimes de la "dictature des Colonels" est encore inconnu à ce jour. Tout le monde s'en fout, parce qu'à côté d'une vingtaine de personnalités sponsorisées par les Etats-Unis
assassinées par le 17N, vous comprenez, ça ne représente pas grand-chose... au vu du PATAQUES qu'en ont fait les journaux européens lors du procès de l'"Organisation révolutionnaire" il y a
deux ans.
Mais on peut en avoir une vague idée quand même.
Si l'on cumule en six mois, les 6700 morts officiels du coup d'Etat du 21 avril 1967, aux 2000 emprisonnés des
camps de concentration des îles de Leros et les 600 de l'ïle de Yaros plus la vingtaine de politiciens de l'ïle de Folegandros, tous détenus et interrogés par les "cellules
anti-communistes" dont on connait la douceur angevine... avec pour finir 200 procès pour délit contre l'Etat. Alors?
Combien en sept ans? Combien de morts, de torturés, de disparus, d'invalides, de traumatisés à vie?
Ce sont les petits-enfants de ces gens qui ont eu le malheur de croiser le chemin des "anti-communistes" devenus "anti-terroristes" aujourdh'ui, qui se révoltent, et qui ont
besoin des chiffres exacts. Car ils ne peuvent oublier aucune grand-mère, aucun chauffeur de taxi, aucun enfant... assassinés sans autre motif que la paranoïa délirante des gens au pouvoir.
Ils ne supportent plus aucun crime contre la population.
Sachant que de plus, ces Messieurs du Pouvoir qui recommencent à exiger des "Forces" de faire rétablir l'"Ordre" qui n'est pas demandé par les anciennes victimes - c'est à dire l'intégralité du
peuple grec - ils se permettent de faire travailler les étudiants plus de 10 heures par jour, et de leur faire payer des cours du soir tellement l'enseignement public est devenu
lamentable; à plus de 500 euros chacun, pour accéder à la connaissance. Sans leur assurer aucun avenir pour autant.
Il n'y a que leurs images dans le miroir qui les attend.
Pfff! C'est juste le bruit d'un peu de souffle entre mes lèvres, pas celui d'une quelconque bombe à laquelle ils s'attendent. Ils rêvent d'une guerre civile, car ils savent que le peuple est
perdant dans ce cas. Ils ont tout prévu.
Sauf de recevoir des caillasses, des bouts de bois, des tags et des crachats de la part de gamins de 15ans soutenus par leurs familles...
... pour leur montrer ce que c'est que l'amour et l'intelligence humaine.
---------------
Pfff! :
Spyworld-actu.com, 5 mai 2007 :
"Le démantèlement du N17 n'a pas mis fin au terrorisme en Grèce"
"La violence a
encore frappé la semaine dernière à Athènes : deux inconnus ont mitraillé un poste de police avec des armes automatiques volées à des policiers et lancé une grenade défensive. L'action, qui n'a pas
été revendiquée, n'a pas commis de dégâts importants. Elle inquiète cependant les services anti-terroristes qui redoutent qu'elles n'aient été commise par une nouvelle génération de
terroristes."
Dimanche 14 décembre 2008
"Nous consacrerons [...] tous les moyens diplomatiques, tous les outils du renseignement, tous les instruments des forces de l'ordre, toutes les influences
financières, toute arme nécessaire de guerre - à la dislocation et à la défaite du réseau terroriste mondial. Chaque pays dans chaque région doit maintenant prendre une décision. Ou bien vous
êtes avec nous, ou bien vous êtes avec les terroristes"
Georges W.Bush
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
9/11
1973
Santiago, Chili
"Ils ont le pouvoir de nous asservir, mais on ne peut arrêter le progrès social ni par le crime, ni par la force. L'Histoire nous appartient;
c'est le peuple qui l'écrit."
Salvador Allende
(dernières paroles)
Mercredi 10 décembre 2008
Emeutes en Grèce, 7 décembre
2008
Samedi dernier,
dans le centre d'Athènes, dans le quartier "Exarchia" situé entre l'Ecole Polytechnique et l'université de droit, un mineur de 15 ans a été tué par des policiers. Des émeutes ont eu lieu dans
plusieurs villes de Grèce.
-----------
Du pouvoir à la puissance
Dans ce quartier universitaire, il serait fréquent que les jeunes affrontent les "Pouvoirs" publics. Un jeune de 15 ans a
déjà été tué dans ce même quartier en 1985, donnant lieu à des émeutes identiques. Sachant qu'en 1973, des révoltes issues de ce même quartier auront entraîné la chute de la
"dictature des colonnels" (Libération, déc 2008)
Dans cette façon de présenter les choses, précisément les jeunes dans ce quartier affrontent les Forces de l'Ordre des Pouvoirs publics. Un pouvoir réduit à une Autorité, à des "forces" et
de surcroît concentrées sur le seul objectif de "maintenir l'Ordre" à l'intérieur d'un périmètre donné qui est l'Etat-nation.
En dehors de toute considération particulière sur telle ou telle forme d'organisation de la chose publique, au lieu de parler en terme d'affrontements d'une catégorie de personne avec des
Pouvoirs publics il serait intéressant de considérer la Puissance publique constituée par la totalité des gens qui habitent ce périmètre défini de l'Etat-nation.
Non pas seulement la puissance du nombre, mais la puissance de l'ensemble, comprenant tous les individus sans distinction. Y compris - et pas
seulement - ceux qui s'y distinguent pour en représenter d'autres sur des tâches précises par mandats électifs et révocables.
Ainsi, maintenir l'Ordre dans la nation serait le fait d'une participation globale et permanente de l'ensemble des membres de la chose publique. Il s'agirait là de
la mission prioritaire de chacun des membres d'aider à la construction de cet ordre sans cesse évoluant, sans cesse amélioré.
Il n'est donc plus question de maintenir sous sa forme la plus archaïque, en divisant les membres de la collectivité, un Ordre et un seul, défini par une minorité sensée représenter tous les
autres. Un ordre prédéfini par l'Exécutif d'un gouvernement qui aurait pris le pouvoir sur les autres corps dont le Législatif, et issu du seul suffrage universel.
Aussi pour comprendre ce phénomène que serait la puissance du groupe formé par les êtres humains qui constituent un périmètre donné ayant un langage commun, il est intéressant d'étudier de près
certaines figures de style rhétoriques que sont les mots utilisés pour décrire la "démocratie" telle que nous la vivons, et telle que nous sommes appellés à la vivre d'après l'idéologie encore en
place aujourd'hui.
Je m'attache pour cela à la thèse d'Hannah Arendt dans le fragment "Qu'est-ce que la politique?" de son étude sur le totalitarisme (Seuil, 1995).
Democratie... grecque ou romaine?
"Démocratie" d'après le Bailly, vient de l'apposition de :
-
demos -[eta] A idée de lieu terre habitée par un peuple, part de territoire appartenant à une communauté. B idée de personne 1) sens ethnique population,
peuple, 2) sens politique peuple, par opposition au roi, aux chefs,
-
avec kratos = I) force, vigueur, solidité. II) domination, puissance 1) des dieux, 2) royal, des
souverains 3) autorité sur quelquechose III) victoire.
Kratos serait en premier lieu, en raison de la fréquence de son utilisation par les grecs, un mot pour désigner la force. la vigueur, la solidité d'un "corps". En
parlant des êtres vivants comme de la matière. La solidité de la cohésion des particules qui composent une matière, un métal, comme de la force d'un "corps" composé d'être vivants, pris dans un
ensemble; et aussi dans le cas d'un seul être humain, son corps comme l'ensemble des parties le composant.
Précédé de demos, il ne s'agirait donc pas de la force, de la solidité du corps des dominants, mais l'inverse, par opposition à la "chefferie", de la solidité du corps constitué des
habitants d'un territoire, de la vigueur de ce territoire et de la communauté qui l'habite, de son autorité sur les dieux, les souverains et les chefs.
Une démocratie qui serait dominée par une oligarchie (oligos = peu; et arkhê, ce qui prévaut, ce qui commande) ne serait donc pas une démocratie dans la définition grecque du terme. Car il
s'agit de la solidité du territoire habité, de l'ensemble des membres de la communauté qui habite le territoire.
Une "démocratie" qui serait dominée par le Corps Exécutif par exemple, et qui ne tiendrait pas compte des "représentants" des habitant du territoire dans le Corps Législatif (donc même pas du
peuple lui-même, qui est uniquement "représenté" par les parlementaires, dans le corps législatif bicéphal avec le Sénat que nous connaissons aujourd'hui), est TRES éloigné du sens grec de la
force, de la vigueur et de la solidité d'un territoire et de la communauté qui l'habite.
Car quand on parle de démocratie, il s'agit d'un modèle unique, en Europe comme aux Etat-Unis et partout ailleurs, qui s'inspire de la démocratie impériale ou "d'Empire" romaine dont la seule politique à proprement parler est "extérieure", ou "étrangère"; et consiste en une sorte de "diplomatie".
La démocratie romaine est qualifiée d'impériale car il ne s'agit plus de faire la guerre pour exterminer les adversaires vaincus lors des guerres et de rentrer chez soi, dans un territoire "fort", "solide" mais d'agresser les voisins et de leur faire la
guerre dans l'intention d'agrandir le territoire et de négocier la paix avec l'adversaire vaincu. Celui-ci qui n'est plus anéanti
mais inclu dans le nouveau territoire avec un nouveau statut soi-disant "négocié" de soumission à l'Autorité du vainqueur.
Depuis la guerre de Troye, la politique, les affaires de la "polis" (la cité), n'a plus de sens pour Hannah Arendt - pour qui le sens de la politique est la liberté. Il n'y plus d'espace
politiquement défini dans lequel l'individu serait libre et actif, mais un aggrandissement incessant, démesuré de cet espace devenu à terme le monde lui-même.
Un "désert" dans lequel il s'agirait d'apprendre à survivre au lieu de chercher à l'humaniser.
Aujourd'hui, depuis l'apparition de la bombe nucléaire et la menace d'une guerre totale de tous contre tous, "où il est question de faire en sorte qu'une guerre soit toujours
possible", on agit à l'intérieur d'une nation de la même manière qu'avec l'extérieur. On fait de la "politique étrangère" au sein même de la cité. Avec le même genre de "diplomatie". En
considérant finalement tout individu comme susceptible d'y être "étranger".
L'Ordre est ainsi maintenu dans les démocraties d'Empires par des "forces" qui, à l'inverse de ce à quoi elles servaient dans la Grèce Antique, seraient sensées lutter contre des forces
internes.
Dans ce contexte difficile, où il doit sans cesse être déterminé ce qui doit être étranger ou pas (au pays, à la ville, au village, etc..) par une politique essentiellement consacrée à ça, la
puissance publique devient impossible à réaliser. Le nombre est divisé en catégories luttant les unes contre les autres.
La menace de la guerre totale n'est en rien écarté. Quand le but de la politique serait de l'éviter.
Viva Anarchia...
-
Le mot "Anarchia" provient de an- (préfixe privatif) et arkhê -[eta], = ce qui
est soumis à une autorité (Bailly, B,2). Il désigne une politique dénuée de rapports de soumission à une autorité.
L'"autorité" en question pour les grecs (puisque il s'agit de termes et d'une expression grecque) archè dans le Bailly, est définie comme un "commandement", un "pouvoir",
exercé par quelqu'un; ou sur quelqu'un, ou quelquechose. Au sens singulier. Comme une charge affectée à quelqu'un. Une charge "instituée" dans un contexte hiérarchisé.
Aussi, il est possible de comprendre ce "commandement" au sens collectif ; un pouvoir exercé par un empire, un royaume, un pays. Il s'agit d 'être
gouverné. On verra plus tard ce terme utilisé dans la qualification d'une division, d'une armée, d'une compagnie, etc... où effectivement l'autorité y est définie
de façon très simple et très claire.
Mais outre le terme "autorité", les grecs donnaient en premier lieu une autre signification à ce mot. Celle du "commencement", du "principe", de l'"origine" de
quelquechose. Les fondements (d'un discours, d'une entreprise), ce qui est avant tout, d'abord, le point de départ de quelquechose. D'une action, ou de
l'embranchement d'une rivière, par exemple.
Ce mot peut qualifier aussi l'extrêmité finale, le bout d'une chose, son terme. Signifiant par là le total, la récapitulation.
"an-archè" signifierait une chose, une action, privée de son extrêmité, de son origine, de sa totalité, du principe premier qui l'aurait générée comme de sa récapitulation. Un évènement
qui n'aurait pas de début, pas de fin. Dont il aurait été décidé qu'il ne serait dû à rien, à aucune décision particulière de personne.
Il est fréquent de penser, comme Yung et tous ceux qui se sont interessés de près à ce qui nous échappe dans la compréhension des choses, qu'une sorte de mouvement indépendant de notre volonté
serait à l'oeuvre dans nos vies; qu'il s'agirait d'une dynamique naturelle, souvent appellée "inconscient collectif", "mère nature", "chaos déterministe", qui voudrait que la meilleure façon de
vivre serait de se laisser porter par ce mouvement... comme le mouvement migratoire des oiseaux, par exemple
Toute intervention dans cet "ordre" naturel des choses, serait une façon d'empêcher les choses de se faire naturellement; qui dans ce cas se feraient de façon tronquée, écourtée. Où
l'intervention de l'homme, et de ses principes "autoritaires", visant à se sécuriser, car il y aurait une certaine peur, une angoisse, à affronter les choses naturelles de la vie, ne
feraient que l'empêcher de se réaliser pleinement.
Ainsi les êtres humains - qui sont avant tout et après tout des animaux commes les autres - ne pourraient pas prendre les choses quand elles arrivent, et comme elles arrivent. Ils devraient se
plier à un ordre prédéfini à la situation qui n'est jamais la même, toujours imprévisible, à laquelle cet ordre est forcément inadapté. Ainsi cette autorité extérieure à eux et à la
situation, à laquelle ils sont contraints d'obéir, de se plier, les priveraient de leurs capacité d'adaptation et du bonheur de vivre.
Dans les rapports de pouvoir que les êtres humains s'infligent entre eux à travers des hiérarchies rigides, il n'y aurait d'autre
"autorité" valable que celle de soi-même à l'écoute de cet "ordre naturel" auquel il ne serait pas nécessaire de donner un début ou une fin.
Ce serait (en gros) considérer l'être humain comme doué de raison.
En cela l'éducation vers l'autonomie, son apprentissage, est l'un des objectifs majeurs de la philosophie anarchiste, qui défend prioritairement l'accès de tous au savoir et à l'information. Dans
le sens où la soumission à une autorité, la hiérarchisation des rapports humains, encouragent la monopolisation des savoirs et l'enrichissement de certains sur l'ignorance des autres.
Sans oublier que la notion de "soumission" dans les rapports interhumains qui découlent de cet ordre fabriqué, anti-naturel, où il serait question que certains donnent des ordres à d'autres qui
devraient leur obéir, selon un "principe de base" institué selon une hiérarchie figée (et donc à maintenir), encourage aussi la violence et toute
autre forme de dégradation dans les relations d'échanges; comme le manque de respect, l'humiliation, les traitements dégrandants, etc...
Conclusion :
L'anarchisme encourage de fait la chose publique à devenir une "puissance", et non pas un "pouvoir" où chacun a quelquechose à apporter dans les projets communs. Où
chaque individu prend sa place dans une dynamique politique vivante. Appellée encore "démocratie directe".
...à Exarchia!
-
Le mot "Exarchia" désignant ce quartier universitaire du centre d'Athènes, appellé "guetto des
anarchistes" par le journal Libération, serait particulièrement touché par cette sorte d'"a-politisme" de la démocratie romaine.
Ce quartier serait "étranger" dans les lieux même où a été inventée la politique, dans le sens d'une
gestion des affaires de la "polis" visant à rendre les individus libres.
Dans "Exarchia", le mot désignant la rapport de soumission à une autorité est précédé de la préposition exo- [oméga] = I, idée de lieu 1) au dehors; 4)
au delà de; 5) en dehors de, à l'exception de, à part II, idée de temps : au delà de, après.
Suivant plusieurs interprétations de la préposition, on peut déjà voir qu'il s'agit de considérer le rapport à la soumission comme étant "extérieur" à ce quartier. Il s'agit de considérer ce
périmètre donné comme "à part".
Alors soit le quartier aurait été baptisé ainsi par ses habitants de manière à montrer son insoumission à l'"Autorité publique des Forces de l'Ordre". Ou il s'agit pour le gouvernement démocratique
(d'Empire) de considérer cette zone comme "étrangère" dans le sens vu plus haut d'une politique "extérieure" appliquée à l'intérieur de la nation.
Le mot "guetto" utilisé par le journal LIbération est en cela bien vu.
Le gouvernement désignerait donc ses ennemis dans le peuple lui-même, par zones d'habitations, dans la ville d'Athènes même où est née la démocratie grecque. Une
organisation politique visant à l'inverse à rendre libre l'individu dans l'ensemble du territoire.
Et ce quartier n'est pas un "périmètre où s'exercerait le libre arbitre d'anarchistes autonomes ayant eux-même décidé de leur mise au ban du reste de la société", mais un quartier
universitaire où la politique est un sujet permanent d'échange entre intellectuels.
Ce qui est une grande différence en terme d'auto-détermination.
Sachant que l'autodétermination dans la philosophie anarchiste ne consiste pas à faire une "coupure" volontaire mais au contraire à montrer l'exemple sur la façon d'humaniser le monde qui
n'est encore qu'un grand désert.